Article rédigé par Jonathan VOOGT auteur du blog https://coach-immobilier-particuliers.fr/ pour  » Le blog de L’immobilier ».

Lorsque vous venez de signer un compromis de vente, l’acquéreur a souvent envie de récupérer les clefs le plus vite possible pour pouvoir emménager. Pourtant, il n’est peut-être pas judicieux de les céder avant la signature de l’acte authentique auprès du notaire. Pour ne pas vous tromper, je vous indique précisément dans quelles circonstances vous pouvez les transmettre ou quand cette démarche est déconseillée.

L’acheteur souhaite un emménagement immédiat

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Même si cette demande est légitime, vous devez pour autant temporiser en rappelant les délais classiques pour une vente immobilière. Ne cédez pas sous la pression car il ne faut jamais remettre ces clés avant que la signature de l’acte authentique soit réalisée Vous éviterez ainsi un certain nombre de problèmes.

En effet, si vous avez donné les clefs à l’acheteur et que pour une raison ou une autre la vente ne se fait finalement pas, vous aurez toutes les peines du monde à faire sortir la personne du logement. Pour se prémunir contre des tensions pour récupérer votre bien, refusez poliment ou trouvez une excuse. Cette décision est lourde de conséquences et elle peut vous coûter cher puisqu’il vous faudra un procès pour vous en sortir si l’acheteur est de mauvaise foi.

Un autre risque qui peut survenir est que votre acheteur découvre un défaut du bien immobilier et décide finalement de se rétracter. S’il est dans la maison et qu’il ne souhaite finalement plus signer, vous allez vous trouver dans une situation particulièrement complexe.

Un chantage peut se mettre en place afin que vous réalisiez les modifications nécessaires. Même si le défaut ne rend pas le logement impropre à la vente, ces personnes qui occupent votre logement sont en position de force et exigeront que tout soit fait à leur convenance pour signer.

Il peut en effet arriver qu’il se rende compte d’un élément qui le gêne, qu’il soit important ou pas. Dans ce cas, il peut demander un refus de prêt de complaisance. Lorsqu’il va présenter ce document, la clause suspensive ne sera pas levée.

De ce fait, rien ne l’oblige à finaliser la transaction et vous vous retrouverez le bec dans l’eau. Par contre, il peut monopoliser le logement le temps de retrouver autre chose et vous empêcher de trouver un nouvel acquéreur.

Si votre acheteur est pressé, il devra toutefois se conformer à la réglementation en vigueur et prendre son mal en patience. Ce n’est qu’au moment où le notaire attestera de la validité de la vente que cet échange pourra avoir lieu.

Pendant ce temps, il devra trouver une autre solution. La famille, les amis ou même une chambre d’hôtes peuvent être des moyens de patienter jusqu’au moment prévu pour la réception de ces clefs.

L’acquéreur souhaite commencer des travaux

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En tant que vendeur, il est légitime de vouloir faire plaisir à son acheteur. Pour autant, vous ne devez jamais donner les clés pour que des travaux puissent être réalisés dans le bien que vous vendez. En tant que propriétaire, il est certain que vous avez peur qu’il disparaisse.

Je vous mets tout de même en garde car si votre acheteur commence les travaux mais que finalement la vente ne se fait pas, vous risquez de vous retrouver avec un chantier sur les bras et un bien immobilier qui ne pourra plus être vendu au prix que vous souhaitiez.

La règle d’or est de toujours répondre par la négative lorsqu’un acheteur vous demande les clés avant la signature finale. De même, vous devez toujours être présent pour les visites et contre-visites avec votre acquéreur.

L’acheteur veut entreposer des meubles

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Cette situation est certainement la seule où vous pouvez envisager de prêter les clés de votre bien immobilier à votre acheteur. S’il est déjà assuré pour ce logement et que vous l’êtes également, vous pouvez envisager de permettre cette opération.

Par contre, vous devrez bien entendu être présent lorsque l’acheteur réalise sa manutention. Il ne faut jamais le laisser seul pour toutes ces opérations.

Résister à la pression

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En tant que vendeur, il est compliqué de refuser cette demande, surtout si l’acheteur est insistant. Même si vous souhaitez lui faire plaisir, vous devez avant tout défendre vos intérêts. Devant le chantage, n’hésitez pas à dire que la transaction ne se fera pas dans ces conditions.

S’il est difficile de laisser partir un acheteur, cette attitude vous protège de certaines situations difficiles. De plus, un acquéreur honnête et fiable se reportera à la réglementation en vigueur et finira par se raisonner. Dans le cas inverse, la méfiance est de rigueur.

L’acheteur peut devenir votre pire cauchemar si vous le laissez faire ce qu’il veut dans votre logement. Par exemple, s’il commence à faire des travaux et à abattre des cloisons, il peut se rendre compte que finalement les pièces sont trop petites ou que leur distribution ne permet pas la réalisation du projet prévu. De votre côté, vous ne serez pas au mieux avec un acheteur qui est chez vous et qui a cassé la moitié du bien immobilier.

S’il est vrai que lorsque toutes les clauses suspensives sont levées, l’acheteur qui se rétracte vous devra 10 % du prix du bien, cette somme sera bien insuffisante par rapport aux dégâts qui auront été causés à l’intérieur de votre logement.

Pour récupérer cette somme, vous devrez toutefois faire jouer la clause pénale. La procédure correspondante est très complexe et vous ne pouvez absolument être certain de l’issue donnée. Durant en moyenne entre 18 à 24 mois, cette perspective devrait vous faire réfléchir avant de donner les clefs à votre acheteur.

Par contre, avec un bien immobilier en plein chantier et ne répondant plus à des caractéristiques attractives, vous ne pourrez plus le revendre. Vous allez vous retrouver bloqué dans une situation inextricable.

Conclusion : Votre réponse face à une demande de remise de clefs avant signature finale doit être à 100% négative. Vous devez toujours répondre non, quelle que soit la situation ! Trop risqué, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Conservez votre patrimoine en sécurité avant la signature de l’acte authentique !

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