La fiscalité de l’assurance vie reste l’un des sujets les plus recherchés par les épargnants français, et pour cause : les règles varient selon la durée de détention, la date des versements et l’âge du souscripteur. Les tableaux qui suivent récapitulent les règles d’imposition afin de comparer rapidement chaque cas de figure en 2026.

Principes de base de la fiscalité de l’assurance vie

La logique de la fiscalité de l’assurance vie repose sur deux grands cas : en vie (rachats partiels ou totaux) et en cas de décès (transmission aux bénéficiaires désignés).

Tant qu’il n’y a pas de rachat, les gains d’assurance vie ne sont imposés qu’en cas de retrait. Autrement dit, votre épargne fructifie sans imposition courante sur le revenu. Seule exception : pour les fonds en euros, les prélèvements sociaux sont prélevés au fil de l’eau, chaque année, sur les intérêts crédités.

Ce qui est taxéCe qui ne l’est pas
Les gains (intérêts, plus-values) lors d’un rachatLes primes versées (capital investi)
Les gains transmis selon les règles successoralesLe capital transmis au conjoint survivant ou au partenaire de Pacs

Lors d’un rachat, le souscripteur a le choix entre deux régimes :

  • Le prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou flat tax à 30 %), appliqué par défaut.
  • Le barème progressif de l’impôt sur le revenu, sur option globale lors de la déclaration annuelle.

Ce choix s’effectue au moment de la déclaration des revenus et concerne l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers de l’année, pas uniquement ceux d’une assurance vie.

Tableau : fiscalité des rachats selon l’ancienneté du contrat (avant / après 8 ans)

Les retraits avant 8 ans sont imposés sur les plus-values uniquement, mais à un taux plus élevé qu’au-delà. Les contrats de moins de 8 ans sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les gains issus des primes versées après le 27 septembre 2017. Après 8 ans, un abattement annuel s’applique aux gains retirés, rendant la fiscalité nettement plus douce.

AnciennetéTaux d’imposition (IR)Prélèvements sociauxAbattement annuel
Moins de 8 ans12,8 % (PFU) ou barème progressif17,2 %Aucun
Plus de 8 ans (encours ≤ 150 000 €)7,5 %17,2 %4 600 € (seul) / 9 200 € (couple)
Plus de 8 ans (encours > 150 000 €)12,8 % sur la fraction excédentaire17,2 %4 600 € / 9 200 €

Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas, que le contrat ait moins ou plus de 8 ans. Point important : un retrait partiel ne remet pas le compteur fiscal du contrat à zéro. L’ancienneté court depuis la date d’ouverture.

Tableau : fiscalité selon la date des primes versées (avant / après le 27 septembre 2017)

Le 27 septembre 2017 marque un tournant : la loi de finances 2018 a mis en place le prélèvement forfaitaire unique, modifiant les règles pour les versements effectués après cette date.

CritèrePrimes versées avant le 27 septembre 2017Primes versées après le 27 septembre 2017
Contrat < 4 ansPFL 35 % ou barème progressif + PS 17,2 %PFU 12,8 % + PS 17,2 %
Contrat 4-8 ansPFL 15 % ou barème progressif + PS 17,2 %PFU 12,8 % + PS 17,2 %
Contrat ≥ 8 ansPFL 7,5 % ou barème progressif + PS 17,2 % (après abattement)7,5 % si encours ≤ 150 000 €, sinon 12,8 % + PS 17,2 % (après abattement)

Pour les versements totaux inférieurs ou égaux à 150 000 €, le taux d’imposition est de 7,5 % sur les gains après abattement. Pour la fraction des versements excédant 150 000 €, le taux d’imposition est de 12,8 %. Ce seuil de 150 000 € s’apprécie par assuré, tous contrats d’assurance vie et de capitalisation confondus, au 31 décembre de l’année précédant le rachat.

L’option pour le barème progressif de l’impôt est globale : elle concerne tous les revenus mobiliers de l’année et s’effectue lors de la déclaration, pas au moment du retrait.

Calcul de la part imposable lors du rachat d’un contrat d’assurance vie

Le capital versé n’est jamais soumis à l’impôt lors d’un retrait. Seule la fraction de gains incluse dans le rachat est soumise à la fiscalité.

Voici la formule :

Part de gains imposables = Montant du rachat × (Gains totaux du contrat ÷ Valeur de rachat totale du contrat)

ScénarioGains imposablesAbattementIR dûPS (17,2 %)
Rachat avant 8 ans (PFU)2 000 €Aucun256 € (12,8 %)344 €
Rachat après 8 ans (personne seule)2 000 €4 600 € → ramène à 0 €0 €344 €

Ce calcul est effectué automatiquement par l’assureur, mais comprendre la formule permet d’anticiper sa fiscalité et de choisir le meilleur moment pour un retrait.

Prélèvements sociaux sur l’assurance vie : tableau et cas pratiques

Les gains d’assurance vie sont soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux, composés de la CSG (9,2 %), de la CRDS (0,5 %) et du prélèvement de solidarité (7,5 %). Les modalités de prélèvement varient selon le support.

SupportMoment du prélèvementTaux
Fonds en eurosChaque année, sur les intérêts crédités (même sans rachat)17,2 %
Unités de compteAu moment du rachat ou du dénouement17,2 %

Les prélèvements sociaux ne sont pas couverts par les abattements de 4 600 € / 9 200 €. Ces abattements ne portent que sur l’impôt sur le revenu.

Depuis le 1er janvier 2026, le taux global des prélèvements sociaux est passé à 18,6 % pour certains produits de placement, mais la plupart des contrats d’assurance vie avec valeur de rachat restent à 17,2 %. En cas d’invalidité de 2e ou 3e catégorie, une exonération d’impôt sur le revenu est possible, mais les prélèvements sociaux restent dus même en cas d’exonération d’impôt.

Tableau : fiscalité de l’assurance vie en cas de décès (avant / après 70 ans)

La fiscalité en cas de décès dépend de l’âge de l’assuré au moment des versements, et non de l’âge au décès. Le contrat offre alors un cadre fiscal distinct de la succession classique.

Primes verséesAbattementTaxation au-delàProduits (gains)
Avant 70 ans152 500 € par bénéficiaire20 % jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 %Inclus dans l’assiette taxable
Après 70 ans30 500 € global (tous bénéficiaires)Droits de succession selon le lien de parentéLes produits capitalisés sur les primes après 70 ans ne sont pas imposés

Les primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Au-delà de 152 500 €, un taux de 20 % est appliqué jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, un abattement de 30 500 € s’applique, et les gains générés après 70 ans ne sont pas soumis aux droits de succession.

Le capital transmis au conjoint survivant ou au partenaire de Pacs est exonéré d’imposition, quels que soient la date et l’âge des versements. Les frères et sœurs peuvent également être exonérés de droits sous conditions strictes (âge, situation familiale, cohabitation).

Si aucun bénéficiaire n’est désigné ou si la clause est caduque, les capitaux réintègrent la succession et sont soumis aux droits de succession classiques selon le lien de parenté.

Fiscalité successorale détaillée : dates clés de souscription et de versement

La fiscalité successorale d’une assurance vie dépend simultanément de la date de souscription, de la date des primes et de l’âge de l’assuré. Trois dates structurent l’ensemble des règles.

Date cléImpact fiscal
Avant le 20/11/1991Contrats souscrits avant cette date : primes versées avant le 13/10/1998 quasi totalement exonérées
13/10/1998Primes versées après cette date soumises au prélèvement spécifique (abattement 152 500 € puis 20 %/31,25 %)
27/09/2017Primes versées après cette date soumises au PFU pour les rachats

Pour un contrat souscrit avant le 20 novembre 1991, les primes versées avant le 13 octobre 1998 bénéficient d’une exonération quasi totale. Les versements postérieurs à cette date suivent le régime standard avec les abattements de 152 500 € (avant 70 ans) ou 30 500 € (après 70 ans).

Cas particuliers : exonérations d’impôt sur le revenu lors des rachats

Certains événements de vie permettent une exonération d’impôt sur le revenu lors d’un rachat, quelle que soit l’ancienneté du contrat.

ÉvénementConditionsFiscalité
Licenciement (hors rupture conventionnelle)Rachat avant le 31/12 de l’année suivante, justificatifsGains exonérés d’IR, PS de 17,2 % dus
Mise à la retraite anticipéeIdemIdem
Invalidité 2e ou 3e catégorieDe l’adhérent ou du conjointLes gains sont exonérés d’impôt en cas d’invalidité de l’assuré, PS dus
Liquidation judiciaireDe l’entreprise de l’adhérent ou du conjointIdem

L’avantage est plus significatif sur des contrats récents (moins de 8 ans), où l’imposition normale est plus élevée. Ces exonérations portent sur l’impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux restent généralement exigibles. Les personnes concernées devraient aussi comparer le barème progressif de l’impôt avec le PFU afin de retenir le régime le plus favorable à leur situation.

Dispense de prélèvement forfaitaire obligatoire (PFO) et choix du régime d’imposition

Lors d’un rachat, l’assureur prélève un acompte (PFO) sur les gains, au taux du prélèvement forfaitaire unique. Une dispense est possible sous conditions de revenus.

Situation familialeRevenu fiscal de référence (N-2)Dispense possible ?
Personne seule< 25 000 €Oui
Couple (imposition commune)< 50 000 €Oui

Cette dispense est un mécanisme de trésorerie : elle évite l’avance de l’impôt, mais ne dispense pas de payer l’impôt réellement dû l’année suivante. Il faut fournir chaque année une attestation sur l’honneur à l’assureur. Cette dispense peut aider les foyers modestes à préserver leur trésorerie lors d’un retrait.

Assurance vie et impôt sur la fortune immobilière (IFI)

Les contrats d’assurance vie sont soumis à l’impôt sur la fortune immobilière uniquement pour leur fraction immobilière. Depuis 2018, l’IFI a remplacé l’ISF et ne concerne que le patrimoine immobilier net au-delà de 1,3 million d’euros.

Type de supportTraitement IFI
Fonds en eurosNon pris en compte
Unités de compte financières (actions, obligations, OPCVM)Non pris en compte
Unités de compte immobilières (SCPI, OPCI, SCI)Pris en compte à proportion de la part immobilière

Il est conseillé de vérifier chaque année la composition des supports en unités de compte avant de remplir sa déclaration IFI, surtout lorsque le patrimoine immobilier approche ou dépasse le seuil.

Optimiser la fiscalité de son contrat d’assurance vie avec les tableaux récapitulatifs

Ces tableaux servent d’outils d’aide à la décision. Voici les bonnes pratiques à retenir :

ObjectifAction fiscale à envisager
Réduire l’impôt sur les rachatsAttendre 8 ans avant tout retrait significatif pour profiter de l’abattement annuel et des taux réduits
Lisser la fiscalitéÉchelonner les retraits pour exploiter chaque année l’abattement de 4 600 € / 9 200 €
Optimiser la transmissionRépartir les primes versées avant 70 ans et après 70 ans, maximiser l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire
Sécuriser la clause bénéficiaireVérifier et mettre à jour régulièrement selon sa situation familiale
Diversifier les avantagesL’assurance vie peut être transformée en rente viagère pour compléter sa retraite

Pour des montants importants ou dans des situations complexes, par exemple en présence de plusieurs contrats, d’un patrimoine soumis à l’IFI ou d’une succession internationale, un conseil personnalisé par un professionnel du patrimoine reste indispensable. Les règles fiscales évoluent : ces tableaux constituent un point de départ à adapter à sa propre situation.