Revenons sur cette affaire qui a laissé des traces en Chine en 2024. A cette époque, le nom d’Evergrande résonnait comme une alarme dans les salles de marché du monde entier.
Ce géant de l’immobilier chinois, fondé par Xu Jiayinn il y a une quinzaine d’années, s’est retrouvé au cœur d’une crise financière qui a fait trembler bien au-delà des frontières de la Chine.
Mais au fait, de combien parle-t-on exactement ?
260 milliards d’euros : un chiffre qui donne le vertige !
La dette d’Evergrande est estimée à 260 milliards d’euros. Pour donner une idée de l’ampleur de la chose, c’est l’équivalent du PIB du Portugal, ou encore plus que le budget annuel de l’État français. Un montant colossal qui ne s’est pas constitué du jour au lendemain.
Tout remonte à la stratégie de croissance agressive adoptée par Xu Jiayinn dès la création du groupe. Pour financer ses projets immobiliers à grande échelle et s’imposer comme le premier promoteur du pays, Evergrande a multiplié les emprunts auprès des banques, des investisseurs et même de ses propres employés. Une mécanique bien huilée… tant que les ventes suivaient.
Un modèle économique à bout de souffle
Le moteur de cette machine infernale reposait sur un principe simple : vendre les logements avant même que leur construction ne commence.
Les acheteurs versaient leur argent, Evergrande utilisait ces fonds pour financer ses chantiers et rembourser ses créanciers. Un système qui fonctionnait à merveille dans un marché immobilier en pleine euphorie.
Mais en 2020, Pékin a décidé de mettre un coup de frein brutal. Le gouvernement chinois a interdit aux promoteurs de pré-vendre des biens immobiliers avant construction, chamboulant du même coup le modèle économique sur lequel Evergrande s’était bâti.
Privé de cette manne financière, le groupe s’est retrouvé incapable d’honorer ses engagements : les chantiers s’arrêtent, les fournisseurs ne sont plus payés, et des milliers d’acheteurs attendent toujours leur logement.
Une dette qui s’étend dans tous les sens
Ce qui rend la situation particulièrement complexe, c’est la nature même de cette dette. Evergrande ne doit pas de l’argent à un seul créancier, mais à une multitude d’acteurs :
- Les banques et institutions financières, chinoises comme étrangères, qui ont accordé des prêts colossaux au groupe
- Les fournisseurs et sous-traitants, qui attendent d’être remboursés pour des travaux déjà réalisés
- Les acheteurs immobiliers, qui ont versé des acomptes pour des logements qui ne seront peut-être jamais livrés
- Les investisseurs obligataires, qui ont misé sur les obligations à haut rendement émises par le groupe
Cette diversité de créanciers rend toute négociation extrêmement difficile et complique considérablement une éventuelle restructuration de la dette.
Des tentatives désespérées pour limiter les dégâts
Face à l’urgence, Evergrande a multiplié les manœuvres pour gagner du temps. Le groupe a notamment levé 124 millions d’euros grâce à la vente d’une participation dans une société de services internet, évitant ainsi un premier défaut de paiement.
Xu Jiayinn a également été poussé par les autorités chinoises à puiser dans sa fortune personnelle qui est estimée à 10 milliards de dollars pour contribuer à éponger les dettes.
Mais ces efforts restent une goutte d’eau face à l’océan de dettes accumulées. D’autres échéances de remboursement sont arrivées à grands pas avant la catastrophe en 2024.
La faillite d’Evergrande en 2024 !
Evergrande a fini par faire faillite le 29 janvier 2024 par la cour de Hong Kong et les conséquences sont considérables.
En Chine d’abord, où l’immobilier représente un quart du PIB national : l’effondrement du deuxième groupe immobilier a provoqué le licenciement de 200 000 employés directs et les 4 millions de travailleurs indirects qui dépendent du groupe. Un vrai fiasco !
Vous en savez un peu plus sur cette histoire qui a chamboulé la Chine et le monde entier en 2024.
